IFR 128 - BioSciences Gerland - Lyon Sud
U851 INSERM-UCBL-HCL

Responsable d'équipe : Nathalie BONNEFOY-BERARD
Apoptose et homeostasie lymphocytaire.
Mot clés :
Apoptose, cancer, A1/Bfl-1, costimulation, TLR, cellules T
Adresse :
 
INSERM U851
Téléphone :
04 37 28 23 72

21, Avenue Tony Garnier

Fax :
04 37 28 23 41
69365 Lyon Cedex 07
E-mail :
nathalie.bonnefoy-berard@inserm.fr
Thématique de recherche :

1- Rôle de l'environnement inflammatoire IL-17 et BAFF dans le développement de pathologies auto-immunes
(Agnès Doreau-Bastid, Nicole Fabien, Nathalie Bonnefoy-Bérard)

Au sein du laboratoire, nous étudions le rôle de la cytokine IL-17 seule ou en association avec la cytokine BAFF comme biomarqueur du Lupus Erythémateux disséminé (LED). Ces deux cytokines constitueraient des facteurs pronostiques de l’évolution clinico-biologique des patients. Une premi!re étude portant sur l'Expression du gène Bfl-1 dans le Lupus a conduit à la découverte du rôle crucial de l’IL-17, en synergie avec BAFF, dans le contrôle de la survie, la prolifération et la différenciation lymphocytaire B et dans la physiopathologie du LED (Doreau et al, Nat Immunol 2009). En résumé, nous avons démontré que l’IL-17 est un facteur de survie pour les cellules B, et qu’en association avec BAFF, elle stimule la prolifération et la différenciation des cellules B du sang périphérique en plasmocytes sécréteurs d’immunoglobulines. Ces effets impliquent les facteurs de transcription NF-kB et Twist-1 qui régulent l’expression des protéines anti-apoptotiques Bfl-1 et Twist-2, ainsi que d’autres protéines majeures de la différenciation des cellules B en cellules sécrétrices d’immunoglobulines comme les facteurs de transcription Ets1, Ets2 et Blimp-1. Nous avons d’autre part mis en évidence que les sérums des patients développant un LED ont des concentrations d’IL-17 et de BAFF significativement plus élevées que celles mesurées dans les sérums de sujets témoins. Les concentrations sériques d’IL-17, mais non de BAFF, corrèlent avec les taux d’anticorps anti-ADN natif, la sévérité de la pathologie (score SLEDAI) et, en accord avec les résultats obtenus in vitro, avec une surexpression des gènes Twist-2 et Bfl-1 dans les lymphocytes B des patients. Ces données, ainsi que d’autres obtenues dans l’équipe, suggèrent que l’IL-17 est indispensable dans ce processus d’activation « pathologique » des lymphocytes B chez ces patients. Nous avons démontré que les sérums des patients qui présentent des taux élevés des cytokines IL-17 et BAFF sont capables, comme les cytokines recombinantes correspondantes, de favoriser la survie, la prolifération et la différenciation anormale des lymphocytes B, et donc potentiellement la persistance et l’activation de lymphocytes B auto-réactifs. Enfin, nous avons montré que l’utilisation d’antagonistes spécifiques de l’IL-17 et/ou BAFF est suffisante pour abolir complètement l’effet des sérums de patients sur les lymphocytes B. Ces données suggèrent que la voie de l’IL-17 pourrait représenter une nouvelle cible thérapeutique de choix dans le traitement des pathologies auto-immunes et en particulier le LED.

2- Rôle de l’IL17 dans l'inflammation et les néoplasies B
(Agnès Doreau-Bastid, Nathalie Bonnefoy-Bérard en collaboration avec l'équipe Dr. Thierry De France)

Il est maintenant admis que la forte incidence de transformation oncogénique des lymphocytes B (LB) repose en partie sur l’activité de l’enzyme AID (Activation Induced cytidine Deaminase). AID est une enzyme qui induit des mésappariements nucléotidiques et des cassures d’ADN double brin à l’origine des processus d’hyper-mutations somatiques et de commutation isotypique qui permettent d’augmenter l’efficacité et l’affinité de la réponse anticorps. Le potentiel oncogénique de AID repose sur sa capacité à provoquer également des dommages à l’ADN en dehors du locus des immunoglobulines pouvant induire des mutations et une instabilité chromosomique et des translocations aboutissant à la dérégulation de l’activité et/ou de l’expression d’oncogènes.
Le lien entre infection bactérienne et transformation des LB a été suspecté pour plusieurs hémopathies lymphocytaires B malignes (comme les LLC-B). Il a été formellement démontré pour au moins deux d’entre elles: le lymphome du tissu associé aux muqueuses (MALT) de l’estomac (la majorité des cas) et le lymphome de MALT cutané (dans un nombre limité de cas).
La reconnaissance des pathogènes par les cellules B s’opère grâce au récepteur antigènique (BCR) mais elle implique aussi des récepteurs non polymorphes globalement nommés PRRs (Pathogen Recognition Receptors). Ces derniers sont également susceptibles de contribuer à l’apparition de néoplasies B dans un contexte d’infection chronique. Les PRRs peuvent exercer leur effet pro-oncogènique vis à vis des LB soit de manière directe, soit de manière indirecte en dérégulant la production de facteurs trophiques ou de cytokines pro-inflammatoires par les cellules du microenvironnement. Celles-ci peuvent appartenir au lignage hématopoïétique, mais il faut également prendre en compte la composante stromale des tissus lymphoïdes.
Ce projet vise à explorer deux pistes qui pourraient lier l’infection microbienne au processus de lymphomagénèse. La première est l’analyse des altérations fonctionnelles et potentiellement pro-oncogéniques induites dans les cellules stromales des niches lymphocytaires par les systèmes de reconnaissance de pathogènes (PRRs). La seconde est l’exploration du rôle de l’IL17 dans la transformation des LB. L’intérêt particulier que nous portons à l’IL17 est motivé par un faisceau d’éléments suggérant que cette cytokine pro-inflammatoire a un potentiel pro-oncogènique fort. Premièrement, nous avons récemment démontré (Doreau A. et al. Nature Immunol., 2009) que l’IL-17 en combinaison avec la cytokine BAFF augmente de façon concomitante l’expression du mutagène AID et de deux protéines (Twist-1 et Bfl-1) capables d’inhiber la voie d’apoptose dépendante de p53. Deuxièmement, de nombreuses maladies autoimmunes ou inflammatoires chroniques connues pour aggraver le risque de développement de lymphomes B non Hodgkiniens sont associées à une hyperproduction d’IL17.

3- Rôle de la protéine anti-apoptotique Bfl-1 dans le développement de pathologies tumorales.
(Anne-Laure Debaud, Marie-Laure Fogeron, Marie-claude Biémont, Héloïse Macaire, Hélène Valentin, Nathalie Bonnefoy-Bérard)

Nous nous intéressons au rôle de Bfl-1, protéine anti-apoptotique de la famille Bcl-2, dans le contrôle de l’homéostasie lymphocytaire et aux conséquences de sa surexpression sur le développement de pathologies autoimmunes ou tumorales. Récemment, une sur-expression de Bfl-1 a été décrite dans différents types de cancers, notamment des hémopathies malignes telles que les lymphomes B à grandes cellules (DLBCL) et les cellules T transformées par le virus T lymphotrope HTLV-1. Ces données suggèrent que Bfl-1 représente une cible thérapeutique potentielle dans ce type de pathologies. Nous avons pour notre part identifié une sur-expression de Bfl-1 dans les cellules B de patients développant un lupus érythémateux disséminé, suggérant qu’une dérégulation de Bfl-1 dans les cellules B favoriserait la survie de cellules B auto-réactives et l’émergence de pathologies autoimmunes (André et al., 2007). Dans ce contexte, nous développons des outils à visée thérapeutique, en cherchant à inhiber soit l’expression soit la fonction anti-apoptotique de cette protéine. Ces outils nous ont récemment permis de valider in vitro le rôle de Bfl-1 dans la survie des lymphomes B et leur résistance l’apoptose induite par des médicaments anti-cancéreux (Brien et al., 2007). Cette même approche sera réalisée pour les leucémies T viro-induites in vitro puis in vivo.

4- Expression et rôle du récepteur TLR2 sur les cellules T CD8+.
(Anne Cottalorda-Regairaz, Blandine Mercier, Nathalie Bonnefoy-Bérard en collaboration avec l’équipe de J. Marvel)

Nous nous intéressons à l’expression et la fonction de TLR2 par les lymphocytes T CD8+. Nous avons récemment mis en évidence un effet co-stimulateur direct (indépendant de la présence des cellules présentatrices de l’antigène) des ligands du complexe TLR1/2 sur la prolifération et la différenciation des cellules T CD8 en cellules effectrices (Cottalorda et al, 2007). Nous évaluons maintenant, le rôle de TLR2 sur la génération et l’homéostasie des cellules T CD8+ mémoires dans des modèles murins de réponse anti-infectieuse et anti-tumorale.

   
Personnels : Grade
BONNEFOY-BERARD Nathalie DR2 INSERM, HDR
VALENTIN Hélène CR1 CNRS, HDR
FABIEN Nicole PH CHU-Lyon-Sud
TRESCOL-BIÉMONT Marie Claude IR2 CNRS
DEBAUD Anne-Laure IR INSERM
FOGERON Marie-Laure CDD IE
COTTALORDA Anne Post-doctorante
DOREAU Agnès Doctorante
MERCIER Blandine Doctorante
MACAIRE Héloise Doctorante
 
Principales publications :
Verschelde C, Walzer T, Galia P, Biémont MC, Quémeneur L, Revillard JP, Marvel J, Bonnefoy-Bérard N.
A1/Bfl-1 expression is restricted to TCR engagement in T lymphocytes.
Cell Death and Differentiation. 2003, 10 : 1059-1067
Bonnefoy-Bérard N, Aouacheria A, Verschelde C, Quemeneur L, Marçais A, Marvel J.
Control of proliferation by Bcl-2 family members.
Biochimica et Biophysica Acta, 2004, 1644 : 159-168.
Trescol-Biémont MC, Verschelde C, Cottalorda A, Bonnefoy-Bérard N.
Regulation of A1/Bfl-1 expression in peripheral splenic B cells.
Biochimie, 2004, 86/4-5: 287-294.
Verschelde C, Michonneau D, Trescol-Biémont M-C, Berberich I, Schimpl A, Bonnefoy-Bérard N.
Overexpression of the antiapoptotic protein A1 propmotes the survival of double positive thymocytes awaiting posotive selection.
Cell Death Differ, 2006, 13 (7): 1213-1221
Cottalorda A, Verschelde C, Marçais A, Tomkowiak M, Musette P, Uematsu S, Akira S, Marvel J, Bonnefoy-Bérard N.
TLR2 engagement on CD8 T cells lowers the threshold for optimal antigen-induced T cell activation.
Eur J Immunol. 2006 Jul;36(7):1684-93.
André J-M, Cimaz R, Ranchin B, Galambrun C, Bertrand Y, Bouvier R, Rieux-Laucat F, Trescol-Biemont M-C, Cochat P, Bonnefoy-Bérard N.
Overexpression of the antiapoptotic gene Bfl-1 in B cells from patients with familial Systemic Lupus Erythematosus.
Lupus, 2007 16(2):95-100.
Brien G, Trescol-Biemont M-C, Bonnefoy-Berard N.
Down-regulation of Bfl-1 protein expression sensitizes malignant B cells to apoptosis.
Oncogene, 2007, Mar 12; [Epub ahead of print]

Mercier BC, Cottalorda A, Coupet CA, Marvel J, Bonnefoy-Bérard N.
TLR2 engagement on CD8 T cells enables generation of functional memory cells in response to a suboptimal TCR signal.
J Immunol., 2009; 182(4):1860-7.

Mbitikon-Kobo F-M, Vocanson M, Michallet M-C, Tomkowiak M, Cottalorda A, Angelov G, Coupet C-A, Djebali S, Marçais A, Dubois B, Bonnefoy-Bérard N, Nicolas J-F, Arpin C and Marvel J.
Characterization of a CD44/CD122int memory CD8 T cell subset generated under sterile inflammatory conditions.
J. Immunol., 2009; 182(6):3846-54.

Doreau A, Belot A, Bastid J, Riche B, Trescol-Biemont M-C, Ranchin B, Fabien N, Cochat P, Pouteil-Noble C, Trolliet P, Durieu I, Tebib J, Kassai B, Ansieau S, Puisieux A, Eliaou J-F, Bonnefoy-Bérard N.
Interleukin 17 acts in synergy with B cell-activating factor to influence B cell biology and the pathophysiology of systemic lupus erythematosus.
Nat Immunol, 2009,10.1038/1741.

Brien G, Debaud A-L, Robert X, Oliver L, Trescol-Biemont MC, Cauquil N, Geneste O, Aghajari N, Vallette FM, Haser R, Bonnefoy-Berard N.
Carboxy-terminal residues regulate localization and function of the antiapoptotic protein Bfl-1.
J Biol Chem. 2009 Oct 30;284(44):30257-63.

Cottalorda A, Mercier B. C., Mbitikon-Kobo F. M., Christophe Arpin C, Teoh D. Y. L., McMichael A, Marvel J., Bonnefoy-Bérard N.
TLR2 engagement on memory CD8 T cells is involved in their cytokine-mediated proliferation and the maintenance of their IFN-? secretion capacity in vivo.
Eur J Immunol, 2009, Oct;39(10):2673-81

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Mise à jour le 4/03/2010